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8- Publications

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    [Recherche en Marketing] | Découvrez le dernier numéro de @RFM, la revue de l'@Adetem | L'intégral de l'éditorial

    EDITORIAL REVUE FRANCAISE DU MARKETING 06/2017 | n° 259

    La RFM est la plus ancienne revue française de marketing. Elle occupe une place éminente au sein des publications scientifiques en sciences de gestion, tant par son accréditation par la FNEGE et l’AERES, que par l’originalité de son positionnement éditorial : la RFM souhaite renforcer le lien entre la recherche académique et sa mise en œuvre dans l’univers professionnel en encourageant toute initiative visant à la co-production d’articles entre académiciens et professionnels, et plus largement en favorisant toute coopération renforcée entre les meilleurs laboratoires de recherche universitaire et les entreprises les plus performantes dans les secteurs les plus divers.

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    La distribution telle que nous la connaissions depuis les années d’après-guerre vit une mutation sans précédent depuis l’apparition du digital : aux Etats-Unis, mais pas uniquement, les grandes enseignes de distribution subissent la concurrence des acteurs du e-commerce, les obligeant à une remise en question de leur modèle économique, sous peine de disparaître. L’ère du numérique conduisant à une « ubérisation » de la société vient bouleverser les comportements d’achat en rendant notamment le consommateur co-acteur voire co-créateur de son expérience d’achat. La prise en compte de ce bouleversement doit être impérativement pris en considération par le secteur de la distribution et se traduire par des adaptations ou des modifications plus radicales dans les modes de fonctionnement. Il nous est donc apparu nécessaire de privilégier les enjeux de la distribution abordés dans trois des cinq articles qui forment le présent numéro. Deux autres articles complètent utilement ce numéro : l’un a trait au rôle de socialisation aux comportements écologiques joué par les personnages « verts » auprès des plus jeunes publics, l’autre montre l’apport des modèles de la satisfaction à la compréhension de la mobilité des habitants dans le cadre de la politique publique d’urbanisation de la ville de Casablanca. Nous avons ainsi choisi d’adresser deux problématiques actuelles, la refonte de la distribution et l’urgence écologique, tout en montrant l’universalité du raisonnement marketing qui peut également s’étendre aux politiques publiques.

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    Le premier article écrit par les professeurs Philippe Jourdan et Jean-Claude Pacitto de l’université de Paris Est, est intitulé « La globalisation de la distribution peut-elle s’affranchir des particularités régionales ? Une étude des déterminants de la pénétration sur le marché mondial de la beauté ». Les enseignes de distribution se sont appliquées à développer des modèles de distribution dont la vocation est mondiale : un même type de magasin, une offre identique, des prestations de service inchangées dans chaque pays. Ces enseignes dans de nombreux secteurs sont pour autant demeurées très diverses. Ainsi, dans l’univers des cosmétiques, les drugstores, les chaînes de parfumerie, les grands magasins et les enseignes en nom propre forment quelques-uns des réseaux les plus présents sur le marché mondial. Les auteurs s’interrogent dès lors fort justement sur les déterminants de la performance commerciale, qu’ils ont choisi de résumer en prenant la pénétration comme variable dépendante : si tant d’enseignes de nature différente coexistent sur un même marché, existe-t-il d’autres déterminants de la performance commerciale ? La localisation géographique, qui sous-tend des différences d’environnement, de culture et de mentalité entre autres, est ainsi retenue, de même que l’ancienneté d’implantation sur un marché et la densité des points de vente. Les auteurs modélisent la pénétration en s’appuyant sur un modèle de variance-covariance afin d’isoler les effets des variables indépendantes retenues mais également de leur interaction sur la pénétration. Au final, le modèle se révèle fortement explicatif et montre qu’il existe bien des effets propres mais également conjoints des variables retenues. Ainsi, sur le marché mondial des produits cosmétiques, il n’existe pas de modèle de distribution prééminent prenant la forme d’un format unique assuré d’une performance supérieure à celle de tous les autres. Les résultats, validés sur une base de données conséquente et étendue (15 pays couvrant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Amérique centrale et du Sud et l’Amérique du Nord)  plaident en faveur d’une approche intermédiaire, une généralisation teintée d’adaptation locale. En effet, si la nature du point de vente conditionne la performance commerciale, il en est de même de la localisation géographique et de l’interaction entre ces deux dernières variables.

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    Le second article nous est proposé par le professeur Gilles Marion, enseignant-chercheur à l’EM Lyon. Intitulé « L’usage des lieux d’échange : furetage, contacts et expérience de l’acheteur », il aborde une problématique d’une grande actualité qui forme l’un des grands défis auquel est confronté la distribution aujourd’hui. « Ils se baladent dans les rayons et vont acheter en ligne et ils comparent les prix avant d’acheter en magasin ! » : c’est ainsi que l’auteur choisit de décrire les acheteurs contemporains qui ont choisi de « s’affranchir des sources d’information et d’approvisionnement élaborées à leur intention ». Parce qu’ils multiplient les points de contact avec les offres et les marques, les nouveaux acheteurs remettent en question l’approche classique du marketing appuyée sur la psychologie, la sociologie ou la culture du client. L’étude des relations interactives au sens « des médiations techniques et humaines qui définissent et rapprochent les objets et les sujets de consommation » devient dès lors incontournable, au même titre que devient obsolète le seul recours au modèle « stimulus-réponse ». Pour illustrer son propos, l’auteur se focalise sur l’expérience de « furetage » en magasin et en ligne en tant que mode d’accès aux biens. L’auteur documente deux évolutions fortes, la première a trait à la multiplication des points de contact et des sources d’information (stratégie omni-canale), la seconde à une substitution progressive de l’usage à la possession dans le rapport aux biens (consommation collaborative). Face à la multiplication des points de contact, l’approche par l’optimisation du seul mix-marketing semble désormais inopérante et il est plus avisé d’adresser la totalité du vécu de l’expérience de consommation en s’intéressant à l’ensemble des processus d’achat. Ce changement de paradigme amène à s’interroger sur la validité de l’ensemble de considération, tel que défini par Howard en 1957, et sur la fiabilité des marchés simulés qui ne reproduisent que très partiellement le vécu complexe du consommateur qui « agit et interagit pour effectuer un processus d’apprentissage en jonglant avec les contacts ». En conclusion, la distribution n’est plus réductible à une seule variable du mix marketing, mais s’apparente à une suite de relations interactives non nécessairement hiérarchisées. Fort de ces conclusions, l’auteur choisit d’adresser un agenda de recherche ambitieux, focalisé sur l’étude des lieux d’échange, digitaux, physiques ou relationnels.

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    Le troisième article s’articule comme une première réponse à cet agenda. L’auteur, Elodie Huré, professeure à l’Ecole de Commerce de Rennes, dans le cadre d’une recherche qualitative présentée sous le titre « Entre Drive et Supermarché : une exploration de l’intégration d’expériences de magasinage », adresse la nécessité de gérer d’une manière « intégrée et synergétique » les canaux et les points de contact disponibles, de façon à « ce que l’expérience client à travers les canaux et la performance des canaux soient optimisées ». Dans le cas de la distribution alimentaire, l’auteur s’applique à décrire l’interaction du drive et du supermarché dans le cas d’une stratégie de distribution multicanale intégrée, plus proche du cross-canal (combinaison) que du multicanal (en silos) et tendant vers l’omni-canal (intégration). Pour cela, le concept d’expérience en tant qu’interaction entre une personne, un lieu de vente et un motif de magasinage est mobilisé, étant entendu que l’expérience omni-canale est ici protéiforme et sans limitation stricte, ni spatiale ni temporelle. Onze entretiens qualitatifs ont été menés, en plaçant au centre l’expérience digitale de magasinage, puis celle en magasin qui l’a précédée et suivie. Il en ressort que l’expérience de magasinage physique évolue à la faveur de l’achat en ligne : il est certes moins fréquent, moins routinier mais il acquiert également une valeur émotionnelle supérieure. Le recours au drive ne signifie pas non plus le renoncement à toute relation humaine, le contact avec le personnel pouvant même se révéler chaleureux. Le parcours sur le site Internet de l’enseigne alimentaire peut aussi s’inspirer du cheminement par rayon adopté en magasin. Il s’agit certes ici d’un premier travail exploratoire, mais les conclusions plaident en faveur de l’intégration des expériences et de la prise en compte du contexte dans l’optimisation des expériences.

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    Le quatrième article nous fait quitter l’univers de la distribution pour aborder le sujet de l’éco-socialisation, autrement dit de l’apprentissage du comportement écologiquement responsable. Deux enseignants-chercheurs tunisiens, Soumaya Askri Jendoubi et Hechmi Najjar, nous proposent une recherche conduite auprès d’un jeune public et intitulée « Eco-socialisation des enfants : réflexion prospective sur la contribution des personnages emblématiques ‘verts’ ». Les auteurs soulignent à juste titre l’importance du jeune public dans l’adoption de comportements de consommation écologique, en raison de leur nombre mais également des perspectives qu’ils dessinent pour l’avenir. Ils ciblent leur démarche sur le rôle que jouent les personnages emblématiques dans l’effort de socialisation écologique des enfants. Ils définissent l’éco-socialisation comme « le processus par lequel un enfant apprend directement ou indirectement des connaissances, des compétences et des valeurs écologiques grâce aux personnages emblématiques en vue d’avoir une conduite responsable ». De nombreuses marques recourent en effet à des personnages emblématiques, souvent fictifs, pour véhiculer un message et servir de caution à une identité de marque. Trois grandes familles de personnages : les personnages de marque, les personnages publicitaires ou bien les personnages de licence. Ces personnages permettent de développer chez l’enfant la mémorisation de la marque, la reconnaissance du produit, la personnification, la compréhension du message et au final l’attachement à la marque. Ils forment en cela des agents de socialisation.  Le personnage vert peut alors être défini comme « le signe figuratif doté d’une connotation et d’une identité écologique et associé à des produits verts ». Pour tester l’impact de ces personnages dans une publicité, les auteurs mènent une expérimentation quantitative en comparant les réactions à deux types de stimuli (avec et sans personnage vert) auprès d’un public d’enfants de 8 à 11 ans. Dans une troisième partie, les auteurs ajoutent un texte écrit afin de vérifier l’apport à la compréhension du message de la présence du personnage vert. Le produit est un shampoing écologique de marque fictive afin d’éviter toute influence de connaissance antérieure. Le questionnaire est naturellement adapté dans sa formulation à l’âge cognitif des enfants. Les résultats valident les hypothèses sur la contribution des personnages verts à la socialisation écologique des enfants. La dimension émotionnelle exacerbée par la présence du personnage est celle qui conditionne le plus l’intention d’achat. L’appropriation par les enfants du personnage peut également les amener par mimétisme à adopter son comportement et par là même à agir de façon plus écologique. Ces enseignements ont le mérite d’être très opérationnels pour les marques qui ciblent ces jeunes publics et souhaitent développer une consommation responsable.

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    Le choix du dernier article a été dicté par une considération : montrer l’apport du marketing à d’autres champs d’application que la seule consommation. L’auteur, Mr Ezzohra Belkadi, professeur à l’Université Hassan II de Casablanca, a choisi de transposer un modèle américain de la mesure de la satisfaction des consommateurs à celle des résidents d’une grande ville de pays émergents, en l’occurrence Casablanca au Maroc. Ce travail, intitulé « Les déterminants et conséquences de la satisfaction des résidents dans les pays en développement : application du modèle américain de l’indice de la satisfaction des consommateurs à la ville de Casablanca »,  s’inscrit dans un courant de recherche favorisé par les pouvoirs publics et les collectivités territoriales visant à promouvoir les facteurs d’attractivité des grandes métropoles dans le cadre du développement régional. Ce facteur d’attractivité est conçu au sens le plus large et s’inscrit donc au-delà des seuls critères économiques. Le rapprochement avec les outils développés par le marketing semble donc une évidence dans le cadre de ce qui s’appelle désormais le « marketing territorial » : le territoire devient un produit particulier à promouvoir et les résidents des métropoles un segment stratégique en termes de satisfaction et de qualité de vie. L’auteur se propose d’identifier les facteurs qui déterminent la satisfaction des Casablancais vis-à-vis de leur ville de résidence. Pour cela, il s’appuie sur la généralisation du modèle américain de l’indice de satisfaction des consommateurs (ACSI) aux résidents-clients en quelque sorte. L’intérêt de cette transposition est qu’elle a déjà été testée dans le champ disciplinaire du management public et territorial dans le cas de la ville de New-York. Le modèle en particulier établit l’importance du lien entre la qualité des services fournies et la satisfaction retirée par les publics, consommateurs, citoyens ou résidents selon la problématique : ce lien est à la base des 4 hypothèses formulées par le chercheur. Leur validation s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 294 résidents de la ville de Casablanca en 2016. La qualité perçue se décline sur les services publics suivants : transport, enseignement, loisirs, infrastructures, sécurité, bibliothèques, propreté, espaces verts. L’intention de mobilité est en outre assimilée au concept de fidélité dans les études de consommation : un résident satisfait songera, en effet, moins souvent à changer de résidence. A l’issue du test de son modèle, l’auteur valide ses 4 hypothèses : la satisfaction des résidents est donc bien impactée par la qualité des services publics telle que définie ; en outre, il existe bien une relation positive entre la qualité perçue des services publics et la confiance dans les autorités locales, ainsi qu’une relation négative entre la satisfaction et l’intention de mobilité. L’intérêt de cet article est de montrer qu’il est possible d’étendre au champ du management public les concepts et les modèles traditionnellement attachés à la mesure de la satisfaction dans le domaine de la consommation : le marketing devient ainsi pluriel. Etant moi-même originaire de Corse et enseignant-chercheur dans l’Ile de Beauté à l’université de Corte, l’apport du champ disciplinaire du marketing à la promotion d’un territoire fait évidemment écho à mes propres centres d’intérêt en matière de recherche.

    Je vous souhaite à tous une bonne lecture de ce numéro et suis heureuse de partager avec vous le plaisir que j’ai eu à le composer.

    Thérèse Albertini | Enseignant-chercheur | Université de Corte (Corse)

    #albertini, #corte,#paoli, #rfm,#adetem

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    @Kawa @ygourven | Le "Digital expliqué à mon Boss" vient de sortir | @Editions_Kawa @FrenchWeb

    « LE DIGITAL EXPLIQUÉ À MON BOSS » : LE TOUT-PUISSANT CONSOMMATEUR DIGITAL 

    Philippe Jourdan, Valérie Jourdan et Jean-Claude Pacitto, respectivement associés fondateurs de Promise Consulting Inc. et chercheur associé à l’ESSCA, par leur expertise dans le marketing et le digital, ont souhaité apporter leur contribution au « Le Digital Expliqué à mon Boss », un ouvrage de Yann Gourvennec et Hervé Kabla édité chez Kawa à paraître le 16 mars. Le livre traite du digital, de son poids dans notre quotidien de consommateur mais aussi dans celui des entreprises.

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    @Adetem | @RFM | Découvrez en exclusivité l'éditorial du n°258 de la plus ancienne Revue de Marketing Française

    Pour ce numéro 258 de la Revue Française du Marketing, nous avons retenu quatre articles traitant de sujets très différents, certains couvrant des domaines déjà explorés mais leur apportant un regard nouveau, d’autres ouvrant de nouveaux horizons à notre discipline. Ainsi l’autonomisation (« empowerment ») a fait l’objet de nombreuses recherches dans le champ de la consommation, mais les auteurs ont choisi de l’étudier dans le contexte particulier du consommateur-patient. Le second article s’appuie sur l’entropie – une méthode de mesure de la performance de la couverture d’un territoire par une enseigne – pour l’appliquer au Drive, permettant ainsi de questionner l’efficacité des stratégies d’implantation de ce nouveau mode d’achat sur notre territoire. Enfin le troisième article modélise l’apport de la valeur sociale perçue dans le cas des grandes surfaces alimentaires implantées en Tunisie, en insistant sur le rôle médiateur de la satisfaction dans la relation entre la valeur sociale perçue et la fidélité. Enfin le dernier article aborde la problématique de la consommation écologique dans le cas particulier des pays émergents, en prenant l’exemple de l’Algérie.

    Comme nous en avons pris l’habitude, nous reprenons dans cet éditorial, les points forts de chaque article : une « mise en bouche » pour vous ouvrir l’appétit et vous inciter à les lire dans leur totalité. 

     

    L’empowerment du consommateur-patient

    empowerment, marketing, adetem, rfmLe premier article « L’empowerment du consommateur-patient : adaptation et validation d’une échelle de mesure », traite de la validation d’une échelle de mesure dans un contexte bien particulier, il est vrai. Certains pourront objecter que la mise au point d’un instrument de mesure forme une partie bien « ingrate » de notre discipline. La psychométrie est pourtant une discipline essentielle tant il est vrai que ce « qui se mesure justement s’énonce clairement » et qu’il n’est pas de démonstration scientifique qui ne s’appuie sur une métrique incontestable et éprouvée. Manel Ben Ayed et Nibrass El Aoud ont choisi de travailler sur la mesure du concept d’empowerment du consommateur dans une situation bien particulière, celle de patient hospitalier. Rappelons que l’empowerment vise à « promouvoir la capacité de l’individu à contrôler sa propre vie », une démarche parfaitement en phase avec les nouveaux rapports qui s’établissent entre le patient et le corps médical dans le cadre des thérapies modernes (autonomisation des pratiques de soin, implication du patient, adoption de mode de vie et de comportement plus sain, etc.). En matière d’autonomisation (« empowerment ») des organisations, l’échelle de Spreitzer (1995), qui s’appuie sur les travaux de Zimmerman fait foi : elle comprend 4 dimensions, la signification, la compétence, l’autodétermination et l’impact mais demeure trop spécifiquement attachée aux problématiques organisationnelles. Dans le domaine de la santé mentale, les travaux de Roger et al. (1997) font autorité, mais semblent manquer de pertinence dans le contexte des maladies chroniques. Dans ce domaine, l’empowerment du patient suppose que pour « être en bonne santé, l’individu doit être capable de provoquer les changements, non seulement dans son comportement personnel, mais aussi dans les situations sociales et les organisations qui influencent sa vie ». L’autonomisation est donc à la fois un concept d’action et un processus d’activation. Les auteurs s’inscrivent dans le paradigme de Churchill dont ils suivent rigoureusement les étapes, faisant précéder leur mise au point quantitative d’une étude qualitative auprès de 19 patients atteints de diabète de type II et d’une interview d’experts mêlant spécialistes de l’empowerment (5) et spécialistes de la diabétologie (3). Au final, trois dimensions sont retenues : l’autoconscience, l’autodétermination et l’autoefficacité. Les articles en relation avec le « marketing » de la santé sont suffisamment rares dans notre discipline pour souligner le mérite des auteurs d’aborder ici un éclairage intéressant, dont les champs d’application pourraient déborder largement celui des seules maladies chroniques.

     

    Le Drive et la couverture territoriale des réseaux de distribution

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    Dans le second article, « Le Drive et la couverture territoriale des réseaux de distribution », deux enseignants-chercheurs de Rennes, David Vyt et Gérard Cliquet, s’intéressent aux stratégies d’expansion de ce nouveau mode de commercialisation au sein des enseignes de distribution. Depuis 2004, copiant en cela la pratique de points de restauration rapide, les enseignes de distribution alimentaires, culturelles et aujourd’hui de santé (pharmacies) ont multiplié les points de « click & collect » : le consommateur commande en ligne ses articles et les retire dans un entrepôt dédié. La rentabilité hétérogène de ces nouveaux points de vente amène fort justement les auteurs à s’interroger sur les logiques d’expansion et d’implantation dans le cadre d’un maillage territorial : la question posée est de savoir si les Drives alimentaires sont « des outils efficaces pour permettre aux réseaux d’optimiser leur maillage territorial » ?  Deux enseignes sont étudiées, Auchan (Auchan Drive et Chronodrive) et Leclerc (Leclerc Drive) sur le territoire français, ces deux enseignes totalisant 75% du marché du Drive. Pour les auteurs, le Drive est un mode de distribution qui s’inscrit dans « l’ère de la logistique participative », permettant de compenser le relatif insuccès du e-shopping, en particulier parce qu’il se traduit par une économie pour le distributeur sur les frais logistique et des coûts de transport au dernier kilomètre : « le shopper devient un client-transporteur ». En 2015, ce sont plus de 6 millions de ménages qui se sont laissés séduire par ce nouveau mode d’achat, qui totalise 4,2% de parts de marché des produits de grande consommation. Les auteurs partent du constat que les enseignes n’ont pas nécessairement optimisé leur implantation de Drives, préférant les concentrer dans les territoires où elles étaient déjà fortement implantées en termes de magasins (dans une logique de mise en réseaux ou de réticulation). Les logiques sociodémographiques ne sont pas non plus nécessairement suivies ! Pour statuer sur l’efficacité du maillage territorial, les auteurs recourent au calcul éprouvé de l’entropie (indice de concentration), permettant de mesurer la performance de la distribution spatiale des points de vente. Ainsi, les hypermarchés Auchan affichent une entropie de 0,81 sur une échelle de 0-1, une performance bien meilleure qu’Auchan Drive (0,77) et Chronodrive (0,78). Une même conclusion s’applique dans le cas de Leclerc. Au terme de leur étude, les auteurs sont ainsi amenés à nuancer l’affirmation des enseignes selon laquelle « les Drives accolés serviraient à maintenir leur position dans une aire de marché (stratégie défensive) alors que les Drives déportés serviraient à conquérir de nouveaux territoires (stratégie défensive) » : les gains d’entropie relative mettent en évidence un apport des Drives déportés marginal en termes d’extension de la couverture territoriale. Par ailleurs, les enseignes ont parfois fait le choix peu cohérent de développer le Drive dans des territoires fortement peuplés de seniors par ailleurs peu utilisateurs de ce nouveau mode d’achat. Ce travail qui s’inscrit – comme le soulignent les auteurs – dans une perspective de construction de connaissances sur le Drive ouvre des perspectives très intéressantes pour les managers de la distribution.     

     

    Les conséquences relationnelles de la valeur perçue par les visiteurs en grande surface 

    supermarché

    Dans le troisième article de ce numéro « les conséquences relationnelles de la valeur perçue par les visiteurs en grande surface », trois jeunes chercheurs, Hechmi Najjar, Inès Mhaya et Imen Ben Jannet s’intéressent à une dimension fondamentale de la relation entre le consommateur et la marque, la valeur sociale perçue, en l’appliquant plus particulièrement au cas des grandes surfaces, dont le développement et le positionnement en Afrique du Nord, et plus particulièrement en Tunisie, présentent naturellement des spécificités propres. Les auteurs repositionnent la valeur sociale en tant que dimension de la valeur perçue et s’intéressent aux conséquences relationnelles de la valeur sociale, dans la mesure où l’espace de vente est naturellement un lieu propice aux interactions sociales (avec le personnel de vente et les autres clients). La valeur sociale est évidemment plus spécifiquement recherchée dans la mesure où elle accroît la satisfaction de l’expérience d’achat et partant la fidélité des clients. Les auteurs postulent que la satisfaction est une variable médiatrice de la relation entre la valeur sociale perçue de l’enseigne et la fidélité à cette même enseigne, généralisant à la valeur sociale un raisonnement le plus souvent appliqué à la valeur perçue dans son ensemble. Pour valider leurs hypothèses, les trois chercheurs ont procédé à une enquête en face-à-face auprès de 397 clients tunisiens de grandes surfaces. La valeur sociale perçue est appréhendée dans ses deux dimensions constitutives, les interactions avec le personnel de vente et les interactions avec les autres clients de l’enseigne. A l’issue de l’analyse des données collectées, les auteurs démontrent que la satisfaction joue un rôle médiateur de la relation entre la valeur sociale perçue et la fidélité à l’enseigne, dont on peut évidemment penser qu’elle forme un objectif majeur de la stratégie des enseignes. Dans cette optique, la valeur sociale est un levier d’action intéressant pour le manager d’enseigne, celui-ci pouvant soit agir sur la disponibilité et le sens du service des vendeurs, soit sur le degré d’interaction entre les clients qui fréquentent son magasin. Si la première dimension de la valeur sociale semble assez évidente, la seconde est moins souvent citée : l’interaction sociale entre les clients peut être créée sinon augmentée dans des espaces de rencontres et d’échanges interpersonnelles, pour essayer de nouveaux produits, s’initier à l’utilisation, en apprendre plus sur les bénéfices ou les promotions dans des espaces physiques ou virtuels d’échanges et de partage mis à disposition par l’enseigne, etc. Au final, les enseignements de cette recherche fournissent des axes d’action très opérationnels, même si on peut supposer que l’attrait des grandes surfaces n’est pas nécessairement comparable au sein de la société tunisienne et dans nos pays occidentalisés.

     

    La consommation des produits écologiques dans les pays en développement

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    Le dernier article de ce numéro, « La consommation des produits écologiques dans les pays en développement : exploration de la préférence des consommateurs entre un produit fabriqué localement et un produit importé d’un pays développé », porte sur la consommation des produits écologiques, dont il convient de souligner qu’elle a été abondamment étudiée dans le contexte de nos pays développés, mais fort peu dans celui des pays en voie de développement. Mr Achabou Mohamed Akli, enseignant chercheur à l’IPAG, a choisi d’étudier l’influence de l’attribut du pays d’origine sur la préférence des consommateurs pour des produits écologiques dans les pays en voie de développement, et plus particulièrement l’Algérie. En introduction, l’auteur insiste à juste titre sur la nécessité d’impliquer les pays émergents sur la problématique de la consommation écologique, sous réserve d’échouer dans la voie d’un développement durable élargi à l’ensemble de la planète. La mondialisation des réseaux commerciaux, l’interconnexion des Etats dans les organisations internationales, et la pression des organisations non gouvernementales contribuent à cet objectif. Une des questions abordées par cette recherche est de savoir si un consommateur de pays émergent va préférer un produit écologique local à un produit équivalent importé d’un pays développé. La réponse n’est pas nécessairement simple dans la mesure où à l’attrait pour la qualité – souvent associée aux produits importés – s’oppose la fierté identitaire et la réduction des facteurs polluants du transport dans le cas d’une consommation nationale, et ce dans un contexte de sensibilisation accrue aux enjeux du développement durable. Pour autant, plusieurs facteurs économiques (moindres ressources, consommation de survie de première nécessité, etc.) et politiques (corruption des élites, achat de la paix sociale, accent mis sur le seul développement accéléré, etc.) semblent également s’opposer au développement d’une consommation écologiquement responsable dans les pays en développement : le développement pur et simple serait donc au final souvent préféré au développement durable. L’auteur met en œuvre une expérimentation fondée sur l’analyse conjointe pour étudier le poids des critères de choix dans le cas de l’achat simulé d’un produit de liquide vaisselle. Le critère du pays d’origine (l’Algérie versus la France) et la nature écologique ou non du produit sont deux des facteurs manipulés, en plus du prix. 130 consommateurs, recrutés de manière empirique dans divers lieux de la capitale algérienne, ont accepté de se prêter à l’expérimentation.  Au final les enseignements du modèle additif des utilités retenu montrent que les consommateurs aisés montrent une préférence plus marquée pour un produit écologique, et que si tous les consommateurs quels que soient leurs revenus montrent une préférence pour le produit importé de France, elle est plus prononcée dans le cas des consommateurs à faibles revenus. La valeur écologique du produit en tant que critère de choix est quant à elle essentiellement conditionnée par le degré de familiarité avec la notion de produits écologiques. De notre point de vue, cette notion de familiarité recouvre partiellement la dimension de sensibilité aux enjeux d’une consommation écologique. Au final, l’auteur insiste sur quelques recommandations simples pour les fabricants de produits importés dans les pays en voie de développement : la labellisation écologique ne peut s’affranchir de la mention explicite du pays d’origine. Pour ce qui concerne les fabricants locaux, le chemin qui reste à parcourir est encore long, tant le public est encore peu informé sur les enjeux écologiques d’une consommation durable. Enfin, la combinaison d’une certification crédible et d’une solide renommée internationale semble être le « ticket gagnant ».

    Nous vous souhaitons une très bonne lecture de ce numéro que nous avons volontairement souhaité éclectique dans la sélection des sujets abordés, une manière de rendre hommage à la grande diversité des sujets abordés dans notre discipline, le marketing.

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    Philippe Jourdan | rédacteur en chef

    Jean-Claude Pacitto | rédacteur en chef adjoint

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    L'effet @Kardashian? Un quart des Français portent moins de bijoux par peur du vol [#Luxe #Joaillerie # People #Tourisme #Insécurité]

    ARTICLE PARU DANS CAPITAL.FR EN DATE DU 24/10/2016

    [LIRE L'ARTICLE EN ENTIER]

    Le braquage très médiatisé de Kim Kardashian n’est pas à l’avantage de l'hôtellerie parisienne ou des grands acteurs du luxe. Selon l’étude réalisée à la suite l'événement par le cabinet de conseil Promise Consulting [1], 23% des Français possédant des bijoux déclarent les porter moins souvent. Le taux atteint 24% chez les propriétaires de sacs de marque et 18% chez les porteurs de montres.

    À la suite de cela, il leur avait été demandé les raisons pour lesquelles, ils ont réduit leurs ports d’articles de luxe. La raison est sans équivoque, la peur du vol et des agressions est le critère numéro 1 de 36% des détenteurs de colliers, bagues et autres bracelets, de 34% des possesseurs de sacs de marque et de 27% des porteurs de montres.

    Un fait intéressant ressort, ce sont les hommes qui manifestent le plus cette craintes face au risque d'agression contrairement aux femmes.

    Selon Philippe Jourdan, Promise Consulting, "les acteurs du luxe devraient l’accent sur la compréhension de ce sentiment d'insécurité. Il est très peu analysé dans les études de marché. Or il compte autant que les facteurs classiques comme l'envie, le besoin, la non-saturation ou la pression sociale dans la compréhension des usages."

    [1]- L’enquête a été conduite via Access Panel du 5 au 7 octobre 2016, auprès d'un échantillon de 1050 personnes représentatives de la population française avec un « boost » auprès des 15% de Français.

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    « Promise Consulting se penche sur les #répercussions de l’affaire Kim #Kardashian pour le #tourisme » via @abc-luxe.com [@PromiseConsulting #enquêtes #études #hôtellerie #FashionWeek #Paris #2016]

    Philippe Jourdan, associé de Promise Consulting, s’est exprimé sur l’affaire Kardashian

    « Promise Consulting se penche sur les répercussions de l’affaire Kim Kardashian pour le tourisme »

    By Abc-luxe, 2016-10-11+, abc-luxe.com/actus

    [LIRE L’ARTICLE EN ENTIER SUR ABC-LUXE.COM]

    Le cabinet de conseil et d’études marketing Promise Consulting a réalisé une étude sur la base des circonstances de l’agression de Kim Kardashian du 2 octobre dernier à Paris. Suite au vol de plus de 10M€ de bijoux, la question « Selon vous, l’affaire des bijoux de Kim Kardashian va-t-elle faire chuter l’activité touristique à Paris ? » devient pertinente.

    Selon les résultats de l’enquête, les franciliens sont plus inquiets que les habitants de province à hauteur de 35% contre 22%, au même titre que les répondants dont les revenus dépassent 5 000 € par mois (42% contre 26%). (…)

    Philippe Jourdan, associé de Promise Consulting, s’est exprimé quant aux résultats de cette enquête. (...)

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    « Promise Consulting se penche sur les #répercussions de l’affaire Kim #Kardashian pour le #tourisme » publié par @Luxeattitude [@PromiseConsulting #enquêtes #études #hôtellerie #FashionWeek #Paris #2016]

    Article publié par NYCOS de Luxury Attitude, basé sur l’article d’ABC-Luxe dans lequel Philippe Jourdan, associé de Promise Consulting, s’exprime sur l’affaire Kardashian et la question si cet événement aura des impacts sur le tourisme à Paris.

     « Promise Consulting se penche sur les répercussions de l’affaire Kim Kardashian pour le tourisme »

    Publié par NYCOS à 5:33, 2016-10-11+, Luxe Attitude Worldwide, sur la base de l’article d’abc-luxe.com/actus

    [LIRE LA PUBLICATION EN ENTIER SUR LUXURY ATTITUDE]

    Le cabinet de conseil et d’études marketing Promise Consulting a réalisé une étude sur les événements du 2 octobre dernier à Paris au cours duquel plus de 10 M€ de bijoux ont été dérobés. « Selon vous, l’affaire des bijoux de Kim Kardashian va-t-elle faire chuter l’activité touristique à Paris ? »

    Réalisée auprès de 1 050 répondants, l'étude met en évidence l'inquiétude des Français qui sont tout de même 30% à penser que ce fait divers aura des retombées sur l'activité touristique de Paris, 36% lorsqu'il s'agit de détenteurs de produits de luxe.

    Philippe Jourdan, associé de Promise Consulting, s’est exprimé quant aux résultats de cette enquête.

    D’après lui, les facteurs psychologiques déterminent non seulement les destinations de vacances, mais également l’usage et l’envie d’acheter des biens de consommation de luxe. (…)

    « L'achat de produits de luxe est fragile car il n'est nullement nécessaire mais tout juste désiré. C'est à maintenir ce désir qu'il faut s'attacher » (Philippe Jourdan, Promise Consulting).

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    «Le #luxe subit un profond changement de modèle» via @Lopinion

    Associé fondateur du groupe de conseil et d’études Promise Consulting, Philippe Jourdan décrypte la crise que traverse le secteur
    «Le #luxe subit un profond changement de modèle»

    By Muriel Motte, 19-09-2016+, L’Opinion

    [LIRE L’ARTICLE EN ENTIER DANS L'OPINION.FR]

    La baisse de la livre a fait flamber de 36 % les ventes de produits de luxe au Royaume-Uni le mois dernier. Les variations des taux de change ne sont pas le seul élément perturbateur pour les groupes du secteur : digitalisation, ralentissement de la demande chinoise, attentats, les défis s’enchaînent et provoquent parfois des accidents industriels. Spécialiste des marques, Philippe Jourdan anticipe une croissance annuelle de 2 % du marché des produits de luxe dans les prochaines années.

    Quelle est la nature de la crise que traverse le secteur du luxe ?

    Il s’agit d’un profond changement de modèle dont l’effet est amplifié par une conjoncture économique difficile. Jusqu’à la crise financière, le marché des biens de luxe était tiré par une forte demande à laquelle répondait l’offre des grandes maisons qui se voulaient exclusives, et qui contrôlaient les prix et la distribution via le rachat des licences et la création de boutiques en nom propre. Tout cela évolue très rapidement.

    Les groupes de luxe fonctionnaient principalement sur une logique monocanale : la boutique. Ils ont aujourd’hui encore du mal à se positionner sur le schéma de l’omnicanal qui se développe avec Internet. Le ralentissement de la croissance mondiale, puis les attentats, ajoutent à ces perturbations car le marché du luxe est très fortement « drivé » par l’activité touristique (...)

    Cette crise est donc aussi imputable à la forte dépendance du luxe à la Chine ?

    Les Etats-Unis restent dominants et représentent un tiers du marché mondial du luxe. Mais 70 % de la croissance de ce marché au cours des dix dernières années a été le fait de la Chine. Et ce sont les Chinois qui réalisent hors de chez eux l’essentiel (70 %) des achats de produits de luxe.

    Dès que la demande chinoise ralentit - c’est l’une des conséquences de la politique anticorruption et du ralentissement économique du pays entre autres - ou qu’une menace pèse sur le tourisme mondial, le luxe en ressent les effets. C’est le cas aujourd’hui. Les géants du secteur doivent être vigilants sur un autre point : Pékin aura tôt ou tard le souci de rapatrier en Chine continentale un marché qui lui échappe largement, car les taxes imposées sur les biens de luxe rapportent aux caisses de l’Etat. (...)

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    La croissance du marché ne dépend plus de ceux qui ont énormément d’argent, mais de ceux qui en gagnent de plus en plus. Ce n’est pas du tout la même clientèle.

    Les marques doivent s’adresser à de nouveaux profils, des consommateurs plus jeunes, plus cosmopolites, mieux éduqués en matière de luxe mais plus critiques. Et habitués à comparer les prix et les produits puisqu’ils sont évidemment de plus en plus « digital natives ». Il s’agit d’une mutation très profonde, qui génère beaucoup d’interrogations sur la stratégie à mener.

     

    La stratégie digitale est-elle une source de différenciation entre les grands groupes mondiaux ?

    promise consulting, luxe, changement, mutation, digitalisation, chine, USA, croissance, conjoncture, tourism, omnicanal, France, transformation profil, relation-client, différenciation C’est un secteur parfois conservateur qui a du mal à accepter de perdre le contrôle de la distribution, mais tous sont aujourd’hui très actifs. Un des premiers bouleversements est venu de la comparaison mondiale des prix par des clients connectés et globe-trotteurs.
    Face à cela, Chanel a annoncé l’an dernier sa volonté d’établir progressivement un meilleur équilibre des prix de ses produits dans les grandes zones géographiques, Chine, Europe, Etats-Unis. Tous y viendront sans doute mais c’est très complexe en raison des coûts d’approche et des taxes différents, sans oublier les variations de taux de change ! (...)

    [SE RENSEIGNER SUR LE DEUXIÈME BOULEVERSEMENT]

    Google ou Apple débauchent des talents dans les groupes de luxe et veulent investir ce secteur. Menacent-ils les acteurs traditionnels ?

    La dernière génération des acheteurs de luxe, notamment Chinois, est particulièrement adeptes d’objets high tech au détriment des produits plus classiques. Dans ce sens, ces géants peuvent être une menace. (…)

    Le marché mondial du luxe croissait à deux chiffres au début du siècle, un taux tombé autour de 2 % aujourd’hui. Quelle est la « nouvelle normalité » pour les années à venir ?

    La projection moyenne pour les prochaines années est de l’ordre de 2 % à taux de change constants, ce n’est pas si mal pour un marché qui pèse déjà 240 milliards d’euros.

    Nous sommes face à des consommateurs plus exigeants, des marchés plus mûrs, peut-être allons-nous commencer à faire du marketing et à revenir à des fondamentaux de la relation-client, de la qualité de l’offre et du service. (…)

     

     

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    Communiqué de presse : Classement @PromiseConsulting - @ExaneBNP : Marques de Mode de #luxe aux #USA #2016

    BAROMÈTRE PROMISE - BNP EXANE : LUXE AUX USA 2016

    [ACCEDER AU COMMUNIQUE DE PRESSE EN ANGLAIS]

    Promise Consulting Inc., société de conseil et d'études en marketing, en collaboration avec Exane BNP, acteur majeur de la Finance de Marché et expert de la recherche et de l'analyse sectorielle sur les actions européennes, asiatique et américaines, publie les résultats du Baromètre Promise - Exane BNP "Luxe aux USA 2016".

    Ce baromètre classe les 22 premières marques les plus connues, les plus achetées, les plus exclusives et désirables aux USA dans le secteur des biens de luxe (mode). Il est établi auprès des femmes américaines les plus fortunées et porte sur les marques de prêt-à-porter, sacs, chaussures et accessoires issues du classement Industry Interviews, Exane Paribas Estimates & Analysis (2015).

    Le baromètre comporte une vision macro-économique du marché américain du luxe, un volet essentiellement établi sur la notoriété, l’achat et l’image des marques, un troisième basé sur la notion d’exclusivité ainsi qu’un dernier sur la notion de désirabilité.


    [TÉLÉCHARGER ICI LES DIAPOSITIVES EN ANGLAIS]

    [TÉLÉCHARGER ICI LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE EN FRANCAIS]

     

     AVIS D’EXPERT

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    « Après deux vagues, l'une en France et l'autre en Chine, qui nous avaient confirmé l'existence d'une hiérarchie implicite entre les très grandes marques de luxe et les autres, le Baromètre Exclusivité et Désirabilité mené aux US auprès des plus riches clientes dans l'univers de la mode féminine (prêt-à-porter, sacs, chaussures et accessoires de maroquinerie) confirme que les Américaines ont une vision bien particulière des marques de luxe. Si la première place occupée par Ralph Lauren en pénétration n'est pas une surprise, suivie de Chanel et de Gucci, la performance de Vera Wang mérite d'être soulignée : la marque de la styliste new-yorkaise d'origine chinoise se classe en effet en 4ème position en pénétration, démontrant ainsi que sa réputation - au même titre que son activité - dépasse désormais l'univers de la robe de mariée, qui a  fondé sa notoriété et sa réputation. Prada, Versace, Louis Vuitton et Gucci occupent les quatre premiers rangs en exclusivité, une preuve - s'il en était besoin - que la mode italienne séduit la clientèle américaine, seule Louis Vuitton venant s'intercaler à la troisième place. Faut-il y voir la revanche de marques de créateurs, d'entreprises plus familiales par opposition aux grands groupes internationaux du luxe ? Cet attachement particulier à la personnalité du fondateur se retrouve également dans la performance de la marque Ralph Lauren, qui sans prétendre à l'exclusivité, occupe le deuxième rang en désirabilité. Soulignons cependant, pour nuancer notre propos, la bonne tenue de la marque Louis Vuitton (3ème en exclusivité et 1ère en désirabilité). La marque phare du groupe LVMH conforte sinon renforce sur ces deux critères le classement qu'elle avait par ailleurs obtenu lors de nos deux derniers baromètres, en Chine et en France. Le pari de Mr Bernard Arnaud de faire de "Louis Vuitton, la marque la plus désirable au Monde" ne semble ainsi pas hors de portée. Si Chanel prend la 3ème place en désirabilité (derrière Louis Vuitton et Ralph Lauren), elle occupe une surprenante 10ème place en exclusivité, en raison en particulier de l'écart de perception qui oppose les clientes les plus jeunes aux plus âgées, la marque se révélant aux US moins consensuelle qu'ailleurs sur ce dernier critère. »

    Philippe JOURDAN,
    Associé Promise Consulting, professeur des Universités et membre de l’American Marketing Association (AMA) 

    MÉTHODOLOGIE

    Le Baromètre PROMISE CONSULTING - EXANE BNP est une étude à vocation internationale. Il est conduit et publié à un rythme annuel dans plusieurs pays et porte sur les biens de luxe dans les univers de la mode et des cosmétiques (« soft luxury »). Les deux indicateurs mesurés – la DESIRABILITE et l’EXCLUSIVITE – sont extraits d’un modèle plus complet comprenant 24 indicateurs clés de la performance de marque du point de vue du consommateur (« customer-based brand value »). Ce modèle –appelé Monitoring Brand Assets®- est utilisé par de nombreux annonceurs des secteurs de la Mode, de la Beauté et de la Distribution, clients de Promise Consulting, pour établir leurs plans marketing et en mesurer le retour sur investissements (ROI).

    > Mode recueil : Access Panel en ligne
    > Période de collecte : Juin 2016
    > Pays : USA
    > Univers : Mode de luxe (prêt-à-porter, sacs, chaussures, accessoires, etc.)
    > Cible : 750 femmes de 25-54 ans avec un revenu mensuel du foyer supérieur à 12 500$
    > Sujet : BAROMETRE PROMISE - EXANE BNP : LUXE AUX USA 2016
    > Liste : 22 marques évaluées
    > Indicateurs mesurés : Notoriété, Achat, Image, Exclusivité et Désirabilité

    DESIRABILITE
    L'Indice de désirabilité d'une marque se construit à l'aide des répondants ayant reconnus les marques présentées. Il est mesuré à l'aide d'une échelle de Likert en 7 points (et convertis sous la forme d’un indice), entre les répondants qui jugent la marque " idéale / proche de leur idéal " et ceux qui jugent la marque " pas du tout idéale / loin de leur idéal ". Il est présenté comme le pourcentage des répondants ayant opté pour les notes 6 ou 7. Cette échelle a été testée pour sa robustesse, sa validité et sa fiabilité dans un contexte international et multiculturel.

    EXCLUSIVITE
    L'Indice d’exclusivité d'une marque se construit à l'aide des répondants ayant reconnus les marques présentées. Il est mesuré à l'aide d'une échelle de Likert en 5 points croissants, des plus accessibles aux plus exclusives. Ce score est également converti sous la forme d’un indice à partir des % de répondants ayant attribué les notes 5 ou 4.  Cette échelle a été testée pour sa robustesse, sa validité et sa fiabilité dans un contexte international et multiculturel.

     

    USA : 1ER MARCHE DES BIENS DE LUXE MAIS UNE CROISSANCE FAIBLE A TAUX DE CHANGE CONSTANT

    UN MARCHE MONDIAL DE 237 MDS D’EUROS
    Le marché mondial des biens de consommation de luxe représente environ 237 milliards d’euros au niveau mondial, soit le second poste de dépenses derrière l’automobile (379Mds€) et l’hôtellerie (165 Mds€), ce qui correspond à près d’1/4 (24%) des montants dépensés dans le secteur du luxe toutes catégories confondues (source : Luxury Goods Worldwide Market Study, Bain, 2016).

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    USA : 1ER MARCHE MONDIAL
    Au sein du marché des biens de consommation de luxe, les USA prennent la première place avec près de 79 milliards d’euros d’achat (2014). Ce pays s’impose loin devant le Japon (20 Mds€), la Chine (18Mds€), l’Italie et la France (17Mds€). Si la croissance demeure importante, elle est essentiellement portée depuis 2014 par les écarts de taux de change entre le dollar et l’euro, la croissance étant nulle à taux de change constant.

    USA, marché mondial

    USA : 2EME CONTRIBUTEUR A LA CROISSANCE DU MARCHE
    Les citoyens américains ont contribué par leurs achats de biens de consommation de luxe à près d’un tiers de la croissance de ce marché au cours de la période 2012-2015, soit le 2ème contributeur derrière la Chine (source : Bain & Co, Altagamma, Exane BNP Paribas analyses & estimates).

    contribution à la croissance, USA, Chine, Exane BNP

    DIGITAL ET LUXE AUX USA, DEUX TERMES ANTINOMIQUES ? QUE NENNI !
    C’est aujourd’hui un état de fait, le marché du luxe existe au-delà des points de vente physiques. A titre d’exemple, YOOX NET-A-PORTER GROUP s’érige en parfaite illustration de cette tendance. Ainsi, 49% des répondantes déclarent avoir acheté des biens de consommation de luxe online plusieurs fois ou au moins une fois et 28% comptent le faire prochainement (source : Promise Consulting / Exane BNP).

     

    UN MATCH ENTRE LES MARQUES ITALIENNES ET FRANÇAISES SOUS L’ARBITRAGE DE RALPH LAUREN

    NOTORIÉTÉ ASSISTÉE : « FRATELLI D'ITALIA »
    A la lumière du graphique ci-contre, notons que 5 marques Italiennes se positionnent dans le top 10 alors que la France n’en compte que 3.
    Gucci remporte la palme et récolte les bénéfices d’une excellente couverture media mais aussi d’un pilotage sans faute du jeune Alessandro Michele. 
    De son côté, si les ventes  de Ralph Lauren sur l’exercice 2015-2016 ont reculé de près de 3 %, à 6,3 milliards d’euros, cela n’entache en rien sa notoriété. La marque se glisse ainsi en position n°2 en notoriété et reste une valeur de référence du secteur dans son pays d’origine.

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    L’équipe olympique américaine n’était-elle pas habillée en bleu-blanc-rouge par Ralph Lauren à l’occasion des cérémonies d’ouverture et de clôture des  JO de Rio ? L’arrivée à la direction exécutive de Ralph Lauren de Stefan Larsson, ancien dirigeant d’Old Navy, doit logiquement se traduire dans les mois qui viennent par de nouvelles orientations stratégiques et marketing pour la marque emblématique américaine. Sur la dernière marche du podium, Chanel avec sa nouvelle égérie Lily-Rose Depp (tout comme l’était sa mère) sauve ici l’honneur des marques françaises. Notons enfin l’émergence de Vera Wang en 8ème position de ce classement, spécialiste des robes de mariage dont celle de Carrie Bradshaw dans Sex and the City. Le fait d’acheter sur Internet ne bouleverse pas le classement de notoriété des marques, mais confirme que les acheteurs en ligne connaissent un plus grand nombre de marques, le luxe attirant vers le média digital la clientèle la plus impliquée, sinon la plus pointue, dans la connaissance des marques du secteur.

    TAUX DE PERPÉTRATION ET NOTORIÉTÉ ASSISTÉE NE SONT ÉVIDEMMENT PAS SANS RAPPORT
    Avec une pénétration cumulée de 63%, Ralph Lauren s’impose haut la main sur son marché national. Loin derrière avec 43%, Chanel s’accapare la seconde place suivie par Gucci avec 41%. Les marques les plus connues sont donc également les marques les plus achetées dans l’univers de la mode de luxe féminin (le podium restant le même, seule l’ordre est ici inversée). Enfin Vera Wang a le vent en poupe et se positionne au pied du podium avec 38% de pénétration cumulée : la styliste new-yorkaise d’origine chinoise démontre que sa popularité dépasse le simple univers de la robe de mariée, qui lui a toutefois permis d’asseoir son image et sa réputation.

    EXCLUSIVITÉ : LES DESIGNERS ITALIENS DEVANCENT LES GRANDES MAISONS FRANCAISES

    Par définition, l’exclusivité est associée à un savoir-faire unique, un style reconnaissable, un parti-pris créatif talentueux qui permet de revendiquer au final un prix plus élevé. Dans l’inconscient collectif, les maisons françaises de Haute-Couture occupent ainsi une place à part, ce que nous avait déjà révélé les précédents baromètres effectués en Chine et en France en particulier.

    USA & EXCLUSIVITÉ : LES DESIGNERS ITALIENS ENCADRENT LA MAISON LOUIS VUITTON
    A la lumière de ce classement, une constatation s’impose : les riches clientes américaines valorisent l’exclusivité sur des critères différents de ceux relevés en France en particulier. Mettant en avant la personnalité des fondateurs, la créativité et la personnalité des directeurs artistiques, elles classent deux marques italiennes devant la 1ère grande maison française, Louis Vuitton qui précèdent et de loin les deux icônes, Chanel et Dior.
    Mécénat culturel, sponsoring sportif avec la Louis Vuitton America's Cup World Series, membre récent du cercle fermé des maisons de haute horlogerie en suisse, lancement de fragrances… Louis Vuitton opte pour une stratégie commerciale et de communication dynamique, diversifiée et ce pari semble également payant au pays de l’oncle Sam. De leur côté, Hermès, Chanel et Dior se positionnent plus en retrait.

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    Bémol pour Hermès et Chanel, ces deux marques statutaires par excellence, performent pourtant mieux chez les jeunes consommatrices américaines (25-40 ans) et se positionnent à la 4ème et 5ème place avec respectivement des scores de 75% et 74%.

    USA : UN MARCHE A PART
    Si les griffes de luxe italiennes s’imposent clairement sur le marché américain sur l’indice d’exclusivité, le luxe à la française – incarné par les « Big Four », Hermès, Louis Vuitton, Chanel et Dior - demeure une référence dans l’hexagone et en Chine. Design, créativité, héritage, tradition, éclat, qualité de fabrication, forte couverture médiatique, le made-in-Italy rencontre un franc succès aux USA. Soulignons, qu’hormis Gucci détenue à 100% par le groupe français Kering, Prada, Versace ou Armani sont des marques 100% italiennes.

    USA, Chine, France, Comparaison des marchés, luxe, Baromètre Front Row 2016

    DÉSIRABILITÉ : UN CLASSEMENT OÙ LA FRANCE REPREND LE LEADERSHIP
    Si la clientèle américaine tombe sous le charme des designers italiens Prada ou Versace en matière d’exclusivité, ces derniers se voient sacrifiés sur l’autel de la tradition en matière de désirabilité. Ainsi, Louis Vuitton (40%) s’impose sur la plus haute marche du podium, talonnée de près par Ralph Lauren (39%) sur son marché national et Chanel (39%), symbole du luxe à la Française.

    Notons par ailleurs que Burberry, marque très active sur les réseaux sociaux tels que Pinterest et Snapchat se hisse en 4ème position (35%). Enfin, la spécialiste des robes Vera Wang s’accapare la 5ème place (35%). Les marques italiennes n’émergent, quant à elles, qu’à partir de la 6ème position.

    France, USA, UK, Italie… A l’image du melting pot américain en matière démographique, le Top 10 du classement « désirabilité » voit émerger des marques de luxe originaires de quatre pays différents.

    Désirabilité, USA, Luxe, Louis Vuitton, Ralph Lauren, Chanel, Baromètre Front Row 2016

    A PROPOS DE PROMISE CONSULTING INC.
    Promise Consulting est un groupe de conseil et d’études marketing réunissant les sociétés Promise Consulting Inc., JPL Consulting et Panel On The Web. Promise Consulting intègre des prestations de conseil et d’études à forte valeur ajoutée. Elle a créé une méthodologie innovante de mesure de la performance de marque et du ROI des investissements centrés sur la marque : Monitoring Brand Assets©. Cette méthodologie a été déployée dans près de 50 pays à date, porte sur l’étude de 250 marques dans les secteurs les plus divers et totalise plus de 1.000.000 questionnaires administrés en ligne dans le monde.

    Etabli à Paris, New-York et Casablanca, le groupe mène des études et des prestations de conseil dans le monde entier. Il est plus particulièrement reconnu pour son expertise en matière de mesure de la valeur de marque (brand value) du point de vue des clients.

    Promise Consulting a su développer des méthodes et des modèles innovants, récompensés 7 fois en 10 ans, par la profession au plan national et international. Il accompagne les plus grandes marques de luxe, de cosmétiques et de distribution dans leur développement sur le marché national et les marchés étrangers. Il intervient également dans de nombreux secteurs d'activité, chaque fois que les marques souhaitent disposer d'une stratégie de croissance éclairée pour mieux comprendre leur marché, s'adresser à leurs consommateurs, séduire et fidéliser leurs clients.

    Le CEO de Promise Consulting, Pr Philippe Jourdan, est rédacteur en chef de la Revue Française de Marketing (RFM), depuis 2011. Il publie dans des revues académiques de niveau international sur les problématiques de valorisation des marques dans les secteurs du luxe, de la beauté et de la distribution sélective. Il publie également dans la presse économique et d’actualités (Le Monde, Les Echos, Le Figaro, l’Opinion, La Revue des Marques, etc.). Il est également professeur des universités, chercheur à l’IRG (CNRS) et lauréat du Meilleur Article de Recherche AFM 2000. Il a enfin une certification Social Media. http://www.promiseconsultinginc.com/

    A PROPOS DE EXANE BNP
    Spécialisé dans les actions européennes, Exane BNP est présent dans trois métiers, l'intermédiation en placement d'actions européennes, la gestion d'actifs via la gestion de fonds d'investissement de moyen et long termes et les dérivés actions appelés Exane Dérivatives.

    Exane BNP travaille principalement avec des clients institutionnels dans le monde entier (fonds de pension, gestionnaires de fonds pour le compte de banques ou d'assureurs, etc.) et commercialise ses produits dérivés à un spectre étendu de clients, comprenant des gestionnaires de fonds privés et des conseillers en investissements. Exane emploie plus de 800 personnes dans le monde, dans ses bureaux de Paris, Londres, Francfort, Genève, Madrid, Milan, New-York, Stockholm et Singapour. Les équipes de recherche d’Exane BNP couvrent plus de 600 grandes sociétés, dans le Monde, et sont régulièrement récompensées par des Prix pour la grande qualité de leurs analyses sectorielles. Pour plus d'informations : http://www.exane.com.

    CONTACT PROMISE CONSULTING
    Philippe JOURDAN

    Tel : 01 78 09 03 64
    philippe.jourdan@promiseconsultinginc.com

    CONTACT PRESSE - AGENCE79
    Dimitri HOMMEL-VIKTOROVITCH

    Tel : 01 41 10 21 57
    Mobile : 06 98 20 77 12
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    Apolline GILLIOT
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    agilliot@agence79.com

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    Press Release - Barometer @Promiseconsulting – @BNPExane : #Luxury Fashion #Brands in the #US #2016

    BAROMETER PROMISE – EXANE BNP : LUXURY IN THE USA 2016


    [ACCEDER A LA VERSION FRANCAISE DU COMMUNIQUE DE PRESSE]

    Promise Consulting Inc., an acknowledged consulting and market research firm, joins forces with Exane BNP, a key actor in the European financial market and a specialist in research and analyses for the European, Asian and American luxury sector, to publish the 3nd wave of the 2016 Promise – Exane BNP Barometer on "Exclusivity & Desirability of top luxury brands in the USA".

    This barometer classifies the 22 most known, purchased, exclusive and desired brands in the US in the universe of personal luxury goods (fashion). This year’s barometer was conducted amongst the wealthiest American women from the Industry Interviews ranking, Exane Paribas Estimates & Analysis (2015), who were interrogated on the categories ready-to-wear, handbags, shoes and accessories.

    With its macro vision of the American luxury market, the barometer establishes basically a section on the brands’ awareness, purchase and the brand image, with a focus on the notions of exclusivity and desirability. 

    Flag USA[DOWNLOAD HERE THE SLIDES IN PDF FORMAT]

    EXPERT OPINION

    luxury,usa,2016,barometer front row,exclusivity,desirability,aided awareness,penetration,market growth,china,france,promise consulting,exane bnp

    « The first two waves of the “Front Row” Barometer confirmed already the existence of an implicit hierarchy among top luxury brands and the others. Now, after France and China, the Barometer measured in its third year the exclusivity and desirability of top luxury brands amongst the wealthiest women in the US in the sector of women’s fashion (ready-to-wear, bags, shoes and leather accessories). The results outline that the Americans have a very special vision of luxury brands. Considering that Ralph Lauren occupying the first place in terms of penetration, followed by Chanel and Gucci, is not a surprise, the performance of Vera Wang is definitely noteworthy and needs to be emphasized: Indeed, the brand of the American fashion designer with Chinese roots, is ranked on 4th’s position, demonstrating therefore that the brand’s reputation now exceeds the world of wedding dresses, on which the designer brand from Now York initially based its fame, awareness and reputation.
    Prada, Versace, Louis Vuitton and Gucci occupy the top four ranks on exclusivity, which is proof enough - if proof was even needed - that the Italian fashion brands highly attract the US customers, while only Louis Vuitton manages to position itself on #3. Should we interpret this as the revenge of designer brands and family businesses as opposed to large international luxury groups? This special attachment to the founder’s personality is also reflected in the performance of Ralph Lauren, who ranks second in desirability despite not claiming to exclusivity. In order to qualify our statement, we need however to recognize the resilience of Louis Vuitton (3rd in exclusivity and 1st in desirability). The flagship brand of LVMH confirms and even strengthens its position on these two criteria that the brand had already obtained in our last two barometers, China and France. Therefore, Mr. Bernard Arnaud’s objective to make "Louis Vuitton, the most desirable brand in the world" does not seem out of reach. While occupying an excellent 3rd place in desirability (behind Louis Vuitton and Ralph Lauren), Chanel receives in terms of exclusivity a surprising 10th place from the wealthiest female customers in the USA, which is in particular due to the perception gap between the brand’s younger and older clients. The brand reveals itself to be less consensual in the US than elsewhere on this criterion.
    »

    Philippe JOURDAN,
    Associate of Promise Consulting, University professor and member of the American Marketing Association (AMA)

    METHODOLOGY

    The PROMISE – EXANE BNP "EXCLUSIVITY AND DESIRABILITY" Barometer has an international vocation and is renewed and published every year in several countries and on several luxury product in the universe of fashion and cosmetics (« soft luxury »). Both measured criteria – DESIRABILITY and EXCLUSIVITY – are based on a general model consisting of 24 key indicators which measure a brand’s performance from a customer’s point of view (« customer-based brand value »). This model, - called Monitoring Brand Assets®- is marketed by Promise Consulting for its numerous  clients in the sector of Fashion, Beauty and Distribution, who use the methodology in order to establish their marketing plans and measure their brand’s performance and return on investment (ROI).

    > Collection method: Online Access Panel
    > Period of data collection : June 2016
    > Country : USA
    > Univers : Luxury (prêt-à-porter, handbags, shoes, accessories, etc.)
    > Sample : 750 adult women (25-54 years old)  with a monthly household income of + 12 500$
    > Theme : BAROMETER PROMISE - EXANE BNP : LUXURY IN THE USA 2016
    > List : 22 evaluated brands
    > Measured indicators : Awareness, Penetration, Brand Image, Exclusivity and Desirability

    DESIRABILITY
    The brand desirability index is based on the brands which the respondents recognized among the presented ones. The desirability is measured according to the Likert scale with 7 points (and converted afterwards into an index), among the respondents who consider the brand as "ideal / close to their ideal" and those who think the brand is " not ideal / far from their ideal." It is then presented as the percentage of respondents who opted for the top 2 of the Likert scale, the notes 6 or 7. This scale was tested on its robustness, validity and reliability in an international and multicultural context.

    EXCLUSIVITY
    The brand exclusivity Index is constructed thanks to the brands which the respondents recognized among the presented ones. The exclusivity is measured according to a Likert scale with 5 points, increasing from “more accessible” to “more exclusive”. Such as for the desirability, the exclusivity score is equally converted into an index based on the % of respondents, who attributed the notes 5 or 4. This scale was tested on its robustness, validity and reliability in an international and multicultural context.

    USA : 1ST LUXURY GOODS MARKET DESPITE ITS LOW GROWTH AT CONSTANT EXCHANGE RATES

    A GLOBAL MARKET VALUE OF €237 BN ON PERSONAL LUXURY GOODS
    The global market for luxury consumer goods accounts for € 237 billion and represents therefore the second most important segment after luxury cars (€ 379 billion) and hotels (€ 165 billion), which is equivalent to nearly one quarter (24%) of the amount spent in all categories of the luxury sector together. (Source: Luxury Goods Worldwide Market Study, Bain, 2016).

    Global market value, luxury goods market, 2015

    USA: 1ST GLOBAL MARKET
    Considering the entire market of luxury consumer goods, the USA is ranked on the first place with almost 79 billion euros purchase (2014). The USA imposes itself on the other countries and is therefore far ahead of Japan (€ 20 billion), China (€ 18 billion), Italy and France (€ 17 billion). If growth remains important, the latter was since 2014 essentially due to exchange rate differentials between the dollar and the euro, wherefore the growth at constant exchange rates is zero.

    USA, first global market, luxury, countries

    USA: 2ND MOST IMPORTANT CONTRIBUTER TO THE MARKET GROWTH
    With their purchases on luxury consumer goods, US citizens have contributed between 2012 and 2015 to nearly a third of the growth in this market, wherefore the USA can be considered as the market growth’s second contributor, right after China. (Source: Bain & Co, Altagamma, Exane BNP Paribas analyses & estimates).

    USA, Contributer to market growth, Bain & Co

    DIGITAL AND LUXURY IN THE USA, A CONTRADICTION? NOT AT ALL!
    Today it is a fact that the luxury market exists beyond the boundaries of physical point of sales. For example, YOOX NET- A- PORTER GROUP is the perfect illustration of this trend. Thus, 49 % of the respondents claim having already bought luxury consumer goods online, either several times or at least once, while 28 % are planning on doing so very soon. (Source : Promise Consulting / Exane BNP).

    A MATCH BETWEEN ITALIAN AND FRENCH BRANDS UNTER THE ARBITRATION OF RALPH LAUREN

    AIDED AWARENESS: « FRATELLI D'ITALIA »
    The graphic on the left visualizes that 5 Italian brands are positioned among the top 10 ranking in terms of aided awareness, while only 3 French brands managed to do so. Gucci is clearly the winner in this category and benefits from an excellent media coverage accompanied by the faultless direction of the young Alessandro Michele.
    Although, during the financial year 2015-2016, the sales of Ralph Lauren fell by almost 3%, to 6.3 billion euros, the brand does not suffer from notoriety issues. In terms of notoriety the brand occupies position No. 2 and remains an industry benchmark in its country of origin.

    aided awareness, FRONT ROW Barometer, luxury USA, 2016, Promise Consulting

    In fact, wasn’t it the US Olympic team which was dressed in blue-white-red by Ralph Lauren at the opening and closing ceremonies of the Olympics in Rio? The arrival of Ralph Lauren’s new executive director Stefan Larsson, former head of Old Navy, will definitely encourage new strategies and marketing approaches for the iconic American brand. Chanel is ranked on the third position of the podium with the brand’s new muse Lily-Rose Depp (as it was already her mother) and saves therefore the honor of the French luxury houses. Finally, we note the emergence of Vera Wang on the 8th position in this ranking, who is well known as a specialist of wedding dresses, including the one of Sex and the City-star Carrie Bradshaw. In this ranking Internet purchases do not disrupt brand awareness, but confirms rather that online shoppers know more brands and that luxury becomes more attracted to digital media which involves the customers, making them even sharper concerning their knowledge of the brands in this sector.

    PENETRATION AND AIDED AWARENESS STAND INDEED IN RELATION TO EACH OTHER
    With a cumulative penetration of 63%, Ralph Lauren takes the lead on its national market. Far behind, with 43%, Chanel monopolizes the second position followed by Gucci with 41%. In the universe of women’s luxury fashion, the most well-known brands are consequently also the most purchased ones (the podium remains the same, only the order is reversed here).

    Finally, Vera Wang has wind in her sails and occupies with a cumulative penetration of 38% the bottom of the podium: the position of the New York designer with Chinese origin illustrates that the brand’s popularity goes far beyond the world of wedding dress, on which the designer initially established her image and reputation.

    EXCLUSIVITY : ITALIAN DESIGNERS ADHEAD OF THE FRENCH HAUTE COUTURE HOUSES

    By definition, exclusivity is associated with a unique know-how, a recognizable style and a creative and talented bias which can ultimately claim a higher price. In the collective unconscious, the French Haute Couture houses occupy therefore a special position, as we have already revealed in previous barometers, for China and France in particular.

    USA & EXCLUSIVITY: LOUIS VUITTON SURROUNDED BY ITALIAN DESIGNERS
    The exclusivity ranking (on the right) reveals clearly that the wealthiest American clients measure and perceive exclusivity according to other criteria than the French interrogated women did in particular in 2015 during the 1st wave of the barometer Promise – Exane BNP. Highly valuating the personality of the founders, as well as the creativity and personality of the artistic directors, the Americans classify two Italian brands before France’s first luxury house Louis Vuitton and far before the two French icons, Chanel and Dior.

    With its cultural patronage, sports sponsorship with the Louis Vuitton America's Cup World Series, and as newest member of the exclusive club Swiss watch houses, and through the launch of its new fragrances ... Louis Vuitton chooses a dynamic and diverse business strategy and communication, of which Uncle Sam’s country absolutely benefits. Meanwhile, Hermès, Chanel and Dior are positioned further back in the ranking.
    Flat for Hermès and Chanel, two statutory brands par excellence, which yet perform better among young American consumers (25-40 years) and which occupy the 4th and 5th position with the respectively scores of 75% and 74%.

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    USA : A MARKET APART
    If the Italian luxury brands clearly occupy the US market on exclusivity, the French luxury houses - embodied by the "Big Four", Hermés, Louis Vuitton, Chanel and Dior - remain a reference in France and China. Design, creativity, heritage, tradition, brightness, quality manufacturing, strong media coverage and the notion of “Made-in-Italy” is a huge success in the USA. Hereby we emphasize on the fact that Gucci, to a 100% owned by the French group Kering, Prada, Versace and Armani are 100% Italian brands.

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    DESIRABILITY: A RANKING WHERE FRANCE CLEARLY TAKES THE LEADERSHIP

    While the American wealthiest customers fall in terms of exclusivity under the spell of the Italian designers Prada or Versace, both brands sacrifice their positions in desirability. Thus, Louis Vuitton (40%) occupies the top step of the podium, closely followed by Ralph Lauren (39%) on its domestic market, and Chanel (39%), the symbol of French luxury.
    Note also that Burberry rises on the 4th place (35%) due to its activeness on social networks such as Pinterest and Snapchat. Finally, Vera Wang, the New York specialist in dresses, monopolizes the 5th place (35%). On the other hand, Italian brands emerge not until the 6th position.
    France, USA, UK and Italy ... Considering the American melting pot in terms of demography, the Top 10 ranking on "desirability" saw the emergence of luxury brands from these four different countries.

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    MORE ABOUT PROMISE CONSULTING INC.

    Promise is a consulting and marketing group combining the following companies: Promise Consulting Inc., JPL Consulting and Panel On The Web. Promise integrates consulting services and surveys with a strong added value. The company has created an innovative methodology to measure the performance of brands and the ROI of investments centered on brands: Monitoring Brand Assets©. This methodology was deployed in over 35 countries to date, for 250 different brands from the most diverse sectors and has collected up to 1.000.000 online questionnaires.

    Based in Paris, New York and Casablanca, the group conducts surveys and provides consulting services all over the world. Promise is more particularly acknowledged for its expertise regarding the measure of brand equity (brand value) from the consumers’ point of view. Promise has successfully developed innovative methods and models that have been rewarded 7 times in 10 years by the profession, both in France and abroad. The group is consulted for the biggest brands in luxury, cosmetics and selective distribution to help their development on the domestic and overseas markets. Promise also operates in numerous business sectors, each time the brands establish a growth strategy to better understand their market, communicate with their consumers, seduce their customers and improve their loyalty.

    Promise’s CEO, Philippe Jourdan, is the chief-editor of the magazine Adetem, the French Marketing Review (RFM) since 2011. He publishes in academic international magazines on issues related to brand equity in luxury, beauty and selective distribution. He also publishes in the economic and news press (Le Monde, Les Echos, Le Figaro, l’Opinion, La Revue des Marques, etc.). Philippe is also a university professor, researcher at the IRG (CNRS) and was awarded for the best Research article AFM in 2000 and has equally a Social Media Certification. http://www.promiseconsultinginc.com/

    MORE ABOUT EXANE BNP

    Specialized in European shares, BNP Exane operates in three businesses:

    > The intermediation in investment of European shares
    > By-products shares named Exane Derivatives
    > The asset management via the fund management of investment of medium and long term

    BNP Exane mainly works with institutional clients all over the world (pension funds, administrators of funds for banks or for insurers, etc.) and markets its products to a vast range of customers' including administrators of private funds and investments advisers. Exane employs more than 800 people worldwide in offices in Paris, London, Frankfurt, Geneva, Madrid, Milan, New York, Stockholm and Singapore. The research teams of BNP Exane cover more than 600 big companies in the World and are regularly rewarded by Prizes for the high quality of cross-section analyses. For more information: http://www.exane.com.

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    #Vote et #terrorisme : impact sur le Marketing au Sommaire du num. 256 de la #RFM / #Adetem [@adetem]

    EDITORIAL REVUE FRANCAISE DU MARKETING N°256

    Par Philippe Jourdan et Jean-Claude Pacitto, membres du Comité de Rédaction

    uk, brexit, ue, europeLa panique qui s’empare aujourd’hui du peuple anglais après la décision de quitter l’Union Européenne, à l’issue du référendum sur le Brexit, nous remet en mémoire les propos du journaliste et polémiste américain Walter Lippmann, l’un des premiers auteurs à avoir exprimé ses doutes sur la rationalité de l’opinion publique et sur la possibilité de la mesurer avec justesse. Voici ce qu’il écrivait en 1925 dans son ouvrage The Phantom Public (1925) à propos de l’opinion publique : « un public isolé, indifférent et incompétent, à l’humeur versatile et à l’intelligence enfantine, entièrement à la merci des moyens de communication de masse qui construisent le monde à son intention et auxquels il succombe aveuglément ». Voilà qui n’est guère rassurant sur notre aptitude à la mesurer et à la traduire avec justesse dans notre domaine, le marketing. C’est pourtant en partie à cette exercice que les auteurs retenus dans ce numéro se sont prêtés une nouvelle fois !

    Nous avons choisi de réunir dans ce deuxième numéro de l’année 2016 de la Revue Française du Marketing cinq articles très différents : le premier article porte sur l’attitude à l’égard du vote. Les deux suivants abordent le sujet du tourisme, sous l’angle de l’actualité (terrorisme) et d’un nouveau regard sur les facteurs d’influence de la visite des musées. La quatrième contribution porte sur la nouveauté perçue, un concept classique en marketing, mais que les auteurs s’attachent à rattacher à ses fondements théoriques pour mieux le mesurer. Enfin, nous clôturons ce numéro avec un article sur l’analyse des valeurs induites de la co-création à l’aide de la technologie mobile au sein d’un espace marchand dans le cas d’une expérience de restauration.

    printemps, arabe, tunisie, rfm, opinion, publiqueDans le premier article intitulé « Vers une meilleure compréhension de l’attitude à l’égard du vote : impact de l’implication, du cynisme, de l’efficacité perçue, de la crédibilité et de la religiosité », Hager Turki et Feriel Sayadi, tous deux maîtres assistant à l’Université de Carthage, se proposent de mettre en exergue quelques-uns des antécédents de l’attitude à l’égard du vote dans le contexte tunisien. Cinq sont plus particulièrement retenus : l’implication, le cynisme, l’efficacité perçue, la crédibilité et la religiosité. Les auteurs montrent dans un premier temps que les déterminants de l’attitude à l’égard du vote ont changé, à l’issue des renversements de régimes entraînés par le Printemps Arabe : autrefois un devoir sinon un principe moral, le vote est aujourd’hui un droit que les citoyens tunisiens choisissent ou non d’exercer s’ils y trouvent leur intérêt. Il est donc utile pour les leaders politiques nationaux ou locaux de s’interroger sur les antécédents de l’attitude à l’égard du vote, afin d’agir sur les déterminants pré-comportementaux de cet acte volontaire. Or si le marketing politique s’est beaucoup intéressé aux déterminants de l’attitude envers les candidats, les études sont plus rares s’agissant de l’attitude (nouvelle) envers le vote, en Tunisie particulièrement. En effet, dans un régime politique dictatorial, la politique est considérée comme un univers de conflits et de survie des intérêts individuels ou de clans, en vue de s’enrichir et d’accroître son pouvoir. En revanche, en démocratie, la politique est souvent « idéalisée » comme le meilleur moyen de résoudre les problèmes sociaux, en « transformant la volonté des citoyens en décisions politiques », même si la prédisposition favorable au vote n’y est pas nécessairement beaucoup plus élevée. Il existe donc une relation positive entre l’implication envers la politique, l’efficacité perçue du vote, la crédibilité des messages politiques tels qu’ils sont en particulier véhiculés par la publicité et l’attitude à l’égard du vote. En revanche le cynisme, qui traduit une perception négative des citoyens envers leurs dirigeants, exerce un impact négatif envers le vote. Enfin, dans le contexte tunisien, les auteurs postulent que la religiosité définie comme « la force avec laquelle un individu adhère aux principes centraux de sa religion pour les placer au centre de sa vie » (Jackson, 1999), exerce un impact négatif sur l’attitude envers le vote, une traduction de l’antagonisme entre la sphère publique et religieuse. 238 individus ont été interrogés sur Facebook dans le cadre d’un échantillon de convenance en Octobre 2015. Un modèle d’équations structurelles est ensuite adopté, distinguant les déterminants de l’attitude, l’attitude envers le vote et enfin l’intention d’aller voter. Il existe un lien statistiquement significatif entre l’attitude et l’intention s’agissant du fait d’aller voter. La relation entre l’implication et l’attitude est également vérifiée, au même titre que celle entre la crédibilité des messages et l’attitude. En revanche l’efficacité perçue n’est pas prédictive de l’attitude envers le vote : un résultat surprenant que les auteurs mettent sur le compte du manque de recul de la jeune démocratie tunisienne s’agissant de l’efficacité des programmes politiques des partis ainsi cautionnés. La religiosité n’a également pas d’impact significatif, un résultat qui peut s’expliquer par l’ambivalence de la position religieuse « officielle » sur le sujet de la participation démocratique. Enfin, les Tunisiens, bien que développant pour certains une attitude de cynisme envers leurs cadres politiques, ne semblent pas affecter par ce sentiment négatif lorsqu’il s’agit d’aller voter, l’exercice d’un droit nouveau l’emportant sur cette dernière considération. Les conclusions, résumées par les auteurs, prouvent l’existence d’un réel jeu démocratique au sein de la population tunisienne, dont certaines implications font échos à des débats d’actualité chez nous également.

    terrorisme, arabe, vote, religionLe deuxième article nous renvoie à une actualité brûlante et dramatique : celle de l’impact du terrorisme sur l’activité touristique, au cœur du modèle économique de bien des pays d’Afrique du Nord et du Maghreb. Peut-on contourner l’effet dévastateur du terrorisme sur la fréquentation touristique du pays en misant sur la seule image du pays ? C’est la question que pose Lilia Boujbel, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sousse (Tunisie) dans son article intitulé « Tourisme et terrorisme : miser sur l’image du pays ». L’auteur rappelle fort justement dans un premier temps que la peur du terrorisme – dans sa forme aveugle, l’attentat suicide – n’impacte pas uniquement le choix des pays de destination, mais également plus largement le comportement du touriste lors de son séjour. L’article se propose donc d’étudier « l’effet des inquiétudes par rapport au terrorisme sur l’expérience du touriste lors de son séjour, en termes de comportement d’ouverture et d’exploration du pays ». Car si la stabilité et la sécurité sont des déterminants reconnus du choix du pays de destination, ils le sont également du comportement du touriste une fois rendu sur place. Le modèle théorique proposé postule que l’attitude envers le pays, défini par deux dimensions perceptives, hédoniste d’un côté et utilitariste de l’autre, exerce un impact direct sur le comportement d’ouverture et d’exploration par rapport au pays  et modère la relation négative entre le niveau d’inquiétude à l’égard du risque terroriste et ce même comportement d’ouverture et d’exploration. A l’issue d’une expérimentation menée sur 170 touristes français interrogés lors de leur séjour dans la station balnéaire de Sousse en Octobre 2014, l’auteur valide les hypothèses de sa recherche : une attitude forte et favorable envers le pays de destination – telle que mesurée par les deux dimensions hédoniste et utilitariste – agit « comme un rempart face aux effets négatifs des inquiétudes produites par la menace terroriste » s’agissant du comportement d’ouverture et d’exploration du touriste étranger une fois rendu à destination. Une des applications managériales les plus évidentes réside dans l’orientation des messages publicitaires adressés aux touristes inquiets face à la montée des terrorismes pour tenter d’endiguer l’appauvrissement des sources de revenus touristiques pour les pays plus directement touchés.

    musée, tourisme, marketing, frequentationToujours en lien avec le tourisme mais sur un sujet plus léger, le troisième article porte sur l’évaluation de l’expérience de visite au musée. Amélie Clauzel, Caroline Riché et Marion Vidal, respectivement Maîtres de Conférences à l’Université Panthéon-Sorbonne, à l’IAE d’Amiens et l’Université de Reims, s’intéressent à la relation entre la provenance géographique des touristes et le niveau de satisfaction exprimé en ligne à l’issue d’une visite au musée. Cette relation, sujet de l’article « Origine continentale du visiteur et expérience au musée : une approche interculturelle des avis en ligne », est étudiée au travers d’une double méthodologie, quantitative puis qualitative.  Les auteurs soulignent en propos liminaires de leurs travaux que si les avis en ligne ont été abondamment étudiés s’agissant des lieux de séjour (hôtels) et de restauration, peu d’études ont plus spécifiquement portées sur les lieux de visite (musées, sites, etc.) alors même que les recommandations des Internautes ne sont pas « neutres pour leur fréquentation ». Les auteurs insistent sur l’organisation des services culturels – dont les musées font parties – en deux cercles concentriques, le noyau qui délivre le service de base et le cercle périphérique dédié aux services annexes, l’ensemble étant constitutif de « l’expérience muséale », au sein de laquelle les interactions entre les visiteurs et le personnel occupent une place importante. Or l’appréciation de l’expérience globale est fortement conditionnée par la culture d’origine, que l’on peut rattacher au pays d’origine du visiteur, en raison en particulier d’attentes différenciées en termes de services.  L’étude de nature qualitative et quantitative s’appuie sur les évaluations postées (et chiffrées) sur un site communautaire suite à une visite de musée (701 évaluations concernant 6 musées d’art parisiens). Il existe bien un effet de l’origine géographique du visiteur sur l’évaluation : les visiteurs asiatiques ont une propension à la clémence plus marquée que les visiteurs nord-américains, en raison d’un ancrage de référence différent qui, au final, impacte le niveau d’évaluation. On peut aussi arguer que la volonté de « plaire » ou plutôt de ne pas « déplaire » est peut-être davantage le fait de la culture asiatique que de la culture américaine. Sur un plan plus qualitatif, les visiteurs asiatiques valorisent davantage les dimensions hédoniques et esthétiques de l’expérience muséale, alors que les cultures occidentales semblent porter la même attention aux éléments centraux et aux éléments périphériques de l’expérience de service. Du point de vue des applications pratiques, l’article met en valeur des pistes intéressantes de personnalisation de l’expérience selon l’origine culturelle du visiteur et permet d’éclairer utilement le travail du Community Manager en charge de la gestion des évaluations et des réclamations.

    innovation, nouveaute, marketing, echelleLe quatrième article intitulé « la nouveauté perçue : fondements conceptuels et proposition d’une échelle de mesure »  traite d’un concept dont on pourrait penser qu’il a été déjà très étudié en Marketing : la nouveauté perçue. Or les auteurs (Blandine Hetet, enseignant-chercheur à l’IDRAC, Claire-Lise Ackermann, professeure à l’ESC Rennes et Jean-Pierre Matthieu, professeur honoraire à l’UFR de Gestion de Paris 13), au-delà de proposer une échelle de mesure en cinq items seulement, s’attachent à bien dissocier les concepts d’innovation et de nouveauté perçue. En effet, ils rappellent que l’innovation est en soi importante, mais que ce qui importe, au final, c’est qu’elle soit perçue comme telle par le consommateur. En ce sens la nouveauté perçue de l’innovation est au moins aussi importante – sinon plus – que l’innovation elle-même. La nouveauté perçue d’un produit peut donc représenter un critère de choix déterminant du produit pour certains consommateurs. La nouveauté perçue d’une innovation est donc caractérisée – au-delà du critère de nouveauté lui-même - par ceux de récence, d’unicité en termes d’expérience ou d’usage, et de différence par rapport à l’existant au sein d’une catégorie de produits préexistante. Si la nouveauté perçue est fonction du produit, elle peut aussi différer selon les caractéristiques propres de chaque consommateur : ce qui est nouveau pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Pour la mise au point de leur échelle de mesure, les auteurs ont choisi le compteur d’énergie connecté Linky évalué par 388 répondants en ligne. Au final l’échelle proposée est formée de cinq items mesurant le caractère novateur, unique, différent, nouveau et sortant de l’ordinaire. Les auteurs s’attachent ensuite à montrer que la nouveauté perçue est une variable médiatrice de la relation entre l’innovativité motivationnelle dans ses quatre dimensions sous-jacentes, fonctionnelle, hédoniste, sociale et cognitive et l’attitude à l’égard du produit nouveau. Au final, les résultats sont contrastés s’agissant de l’influence de l’innovativité motivationnelle sur l’attitude à l’égard du produit nouveau, mais ils semblent plus robustes en ce qui concerne le rôle médiateur de la nouveauté perçue. En d’autres termes, l’achat de produit nouveau peut être expliqué par la tendance du consommateur à acheter des produits nouveaux mais cette impact n’est révélé que si le produit est réellement perçu comme nouveau. Dans le cas de l’innovativité fonctionnelle, l’effet indirect via la nouveauté perçue sur l’attitude se révèle même supérieur à l’effet direct. Au final, mesurer l’attitude vis-à-vis d’un nouveau produit mais également sa nouveauté perçue permet une compréhension plus complète de son acceptation par la cible marketing pressentie. Le caractère restrictif de l’innovation évaluée ici – une innovation technologique uniquement – forme une des limites soulignée par les auteurs à la généralisation des résultats de leurs travaux.

    technologie, mobile, marketing, digitalLe dernier article qui clôt ce deuxième numéro de l’année porte sur la co-création au sein d’un espace marchand à l’aide d’une technologie mobile. L’expérience choisie est celle de la restauration : « co-création et technologie mobile au sein d’un espace marchand : quelles valeurs pour le consommateur ? Une application dans le secteur de la restauration » est une contribution singulière proposée par Intissar Abbes, maître assistante à lIHEC de Carthage (Tunisie) et Yousra Hallem, enseignant-chercheur à l’IDRAC. L’expérience de service fait incontestablement de plus en plus souvent appel à la participation du client, sous une forme autodirigée lorsque ce dernier est un simple exécutant ou sous une forme collaborative lorsqu’il est partenaire de l’entreprise et apporteur de solutions. A cet égard, les aides à la vente – bornes interactives, caisses automatiques, self-scanning, catalogues interactifs ou outils de géolocalisation, etc. – n’ont pas manqué de se multiplier dans les nouveaux espaces de vente. Les technologies mobiles digitales désignées sous l’acronyme SSMT pour « Self-Service Mobile Technologies » y occupent une place de plus en plus prépondérante. La digitalisation des applications sur Mobile se traduit par une reconfiguration de l’espace de vente et de l’expérience d’achat. La co-création peut y occuper une place significative, dès lors qu’elles permettent une création de valeur partagée entre le fournisseur, le prestataire et le client. On peut ainsi prendre l’exemple de la marque Adidas qui offre la possibilité à ses clients, via une application digitale, de bénéficier d’un diagnostic d’empreinte automatisé en magasin, de l’imprimer sur une borne interactive et d’être ainsi dirigé vers le type de chaussures le plus adapté à sa morphologie. L’expérimentation menée se déroule dans un bar à salades qui offre aux clients la possibilité de créer leur propre salade à partir d’un grand choix d’ingrédients au moyen d’une application sur IPad, qui fait office de menu. Le choix se fait en trois étapes : la base, les ingrédients à ajouter et enfin le choix de l’assaisonnement. Trente entretiens semi-directifs ont été menés auprès de clients afin de recueillir leurs stratégies interprétatives. Les dimensions structurantes de la co-création en termes de valeurs de Holbrook (1999) ont été plus spécifiquement retenues, en raison de leur pertinence au contexte précité : trois grandes dimensions, les valeurs intrinsèques à l’expérience et orientées vers soi (récréative, émotionnelle, esthétique, d’évasion, d’appropriation), extrinsèques et orientées vers soi (commodité, économique, informationnelle, d’optimisation, d’apprentissage et de réassurance) et enfin extrinsèques et orientées vers les autres (lien social). L’exploitation des trente entretiens menés montre que les douze valeurs de l’expérience ainsi énoncées sont toutes bien représentées et mise en avant par les clients à l’issue de leur expérience de composition de salades personnalisées. Il y a donc une réelle valorisation de l’expérience de co-création – sous toutes ses dimensions sous-jacentes – au moyen d’une application de technologie mobile à l’intérieur même du lieu de consommation. Fait plus intéressant : l’utilisation d’une application individuelle n’isole pas nécessairement le client, même si la préservation d’une sphère d’intimité est souvent mise en avant. En effet, son utilisation est le prétexte à des discussions avec son entourage, voire à un complément d’explications et le personnel du restaurant est alors mis à contribution. On peut simplement suggérer, pour de futures travaux, qu’une hiérarchie de ces douze valeurs soit dégagée (au moyen d’une méthodologie quantitative complémentaire) afin d’opérationnaliser les axes de communication et de service autour de ces aides à la vente réellement innovantes, sous réserve qu’elles ne se traduisent pas également par une tension et une anxiété technologique accrues du client.

    Nous vous souhaitons une agréable lecture des articles que nous avons retenus pour ce numéro. Dans leur grande diversité, ils illustrent la pluralité des centres d’intérêt de nos jeunes chercheurs mais également l’étendue des champs d’application de la recherche en marketing.

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    Philippe JOURDAN - Professeur des Universités - Rédacteur en chef de RFM

    Jean-Claude PACITTO - Maître de Conférences HDR - Rédacteur en chef adjoint de RFM